Edito 2018

L’épopée des femmes dans le septième art

Le programme de notre anniversaire révèle une compétition axée sur de nouvelles pistes du coté de l’Indonésie, des peuples premiers du Canada, des cinéastes françaises, du Chili, d’Europe centrale où les professionnelles ont été malmenées par des conflits « ethniques », dit-on. Les sections Incontournables sont reconduites avec la Compétition Internationale de 6 longs métrages fiction, de 6 longs métrages documentaire et de 18 courts métrages dotés de nombreux prix, dont le Prix Anna Politkovskaïa doté par la Scam.

Cette année, le Festival rend hommage également à cinq grandes réalisatrices incontournables du cinéma européen et 6 jeunes réalisatrices de la nouvelle génération. Cette section « réalisatrices européennes • cinémas en mouvement » concourt pour le Prix FranceTélévisions Des Images et des Elles. Leurs œuvres sensibles et inventives témoignent de la réalité artistique, sociale et politique d’une Europe en mouvement.

Nos invitées sont prestigieuses : Mai Zetterling (1925-1994) venue à Créteil en 1986, fait partie de la mémoire de notre Festival aux côtés de l’invitée d’honneur de nos 40 ans, Margarethe vonTrotta (Allemagne), de Márta Mészáros (Hongrie), de Lorenza Mazzetti (Italie) et d’Agnieszka Holland (Pologne). Nous accueillons aussi une exposition de l’œuvre photographique de Karine Sapporta (chorégraphe) qui nous accompagne depuis 1989.

Si l’on a choisi de rendre hommage à Mai Zetterling pour cet anniversaire avec son film Flickorna qui sera projeté lors de la cérémonie de clôture du festival, nous avons voulu tisser un lien entre sa génération et celle des réalisatrices suédoises d’aujourd’hui dont fait partie Rojda Sekersöz avec son film Beyond Dreams.

Les réalisatrices, actrices, monteuses, directrices de la photo qui comptent et qui sont venues à Créteil, nous les reverrons à travers deux expositions. Au fil du temps, il est très important de les nommer. Nos programmations ambitieuses depuis 40 ans a donné au cinéma des femmes des jalons essentiels qui, à travers le temps, et selon l’importance et l’origine de leur cinématographie, dessinent des territoires que le Festival explore depuis ses débuts.

Je souhaitais aussi rendre hommage à Maria Schneider qui fut l’une des toutes premières jeunes actrices, de l’époque, à affronter la violence sexuelle dans la profession. Si notre programme ne l’a pas permis de manière conséquente, un film lui rend hommage à travers un interview sur son métier d’actrice, aux côtés de Jane Fonda, de Juliet Berto et de bien d’autres, c’est celui de Delphine Seyrig, Sois belle et tais-toi (1976), qui sera présenté par le Centre Simone De Beauvoir.

 

Bon festival !

Allumons les bougies !

Jackie Buet, Directrice du Festival