Édito 2019

Notre monde est bouleversé par le grand mixage / métissage de nos sociétés et les errances géographiques des peuples livrés à l’abandon.

L’an dernier nous avions lancé le slogan : la colère en partage, cette année nous pourrions y ajouter le fait que notre attention a été captée par le métissage de nos sociétés et le grand mixage géographique des peuples.

De vieilles batailles se réveillent partout dans les sociétés européennes, qui parfois tournent le dos à la démocratie. La ségrégation reprend du service, ici comme aux USA, en Amérique Latine comme au cœur de l’Europe. Elle fait tourner ses manèges et déploie des pièges qui menacent la qualité de nos choix et valeurs.

Le cinéma des femmes que nous défendons parle, lui, de nos rêves et de l’intrusion des systèmes économiques dominants dans nos univers privés.

Cette 41e édition sera l’occasion de réunir des femmes cinéastes et créatrices dont la vocation est de donner à voir, à entendre, à partager… les corps, les voix, les esprits, les relations humaines. Quelles soient réalisatrices de fiction, de documentaire, de courts métrages, elles savent nous emporter dans leur sillage vers des sentiments plus collectifs et pacifiques.

Notre invitée d’honneur EUZHAN PALCY, nous donnera l’occasion de célébrer son œuvre, la mémoire de Nelson Mandela et la naissance si difficile de la démocratie au pays de l’Apartheid.

Le dialogue entre les cinéastes et les créatrices invitées, rassemblera dans un colloque aussi bien des personnalités comme KARINE SAPORTA qui a choisi de chorégraphier le texte de Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham et aussi AUDREY PULVAR, qui nous fait le bonheur de participer à notre grand jury.

En souvenir de JOCELYNE SAAB, récemment décédée et qui fut notre invitée en 2008, nous partagerons à la fois son film Dunia, si emblématique de son combat, et une leçon de cinéma réalisée lors de sa venue, où elle nous confiait la profondeur de sa démarche à la fois artistique et politique.

De KIRA MOURATOVA, formidable cinéaste ukrainienne, elle aussi disparue en 2018, nous reverrons pour le plaisir le film Brèves Rencontres où elle joue aux cotés de Vladimir Vyssostki. Une de ses œuvres « empêchées » en ex-URSS et réhabilitée pendant la Pérestroïka en 1988.

Nos sections parallèles : LE GRAND MIXAGE, FEMMES/RÉSISTANCE/CINÉMA et nos GRANDES CLASSIQUES, sont une vraie contribution à l’histoire du cinéma qui oublie souvent les réalisatrices.

L’identité de notre Festival est à chercher dans sa volonté de mêler la passion de voir des films à d’autres dynamiques, d’autres investissements culturels, artistiques ou militants.

Le Festival de Créteil comme tous les festivals français adhérents à Carrefour des festivals est signataire du code de déontologie élaboré dès 1992 et qui place l’exigence culturelle avant tout.

Alors partageons le plaisir d’être ensemble, toutes et tous ensemble ! Donnons aux images, la force et la magie de nous porter et de réveiller nos consciences.

Bon Festival !

Jackie BUET, Directrice du Festival

[ Conception et photographie : Karine Saporta ]