Tribune – Appel à la mobilisation du Festival International de Films de Femmes de Créteil

Défendons ensemble 47 ans d’engagement pour le cinéma

Depuis 47 ans, le FIFF défend la création des femmes cinéastes, révèle des talents du monde entier et œuvre pour une culture ouverte, libre et inclusive.


Hommage à Nathalie Baye notre invitée d’honneur au FIFF 2002 © Brigitte POUGEOISE

A l’heure où vient de se terminer la 79eme édition du Festival de Cannes, vitrine prestigieuse et incontournable du cinéma mondial, comment résister à cette vague d’hostilité contre la culture et particulièrement contre l’indépendance de nos programmes, contre leur engagement féministe et le militantisme associatif qui nous unissent. 

Nous renouvelons notre appel à la mobilisation.

Nous rejoignons l’engagement de la ville de Créteil, de la MAC de Créteil et de nos partenaires fidèles (CNC, DRDFE, FranceTV, Arte, Radio France etc…), qui soulignent les dangers actuels d’une campagne politique d’exclusion. Nos partenaires sont attachés aux valeurs de tolérance, de liberté et d’inclusion, et le FIFF, à leurs côtés, contribue à une vie culturelle ouverte, attentive à la diversité des regards et des récits issus du monde entier. Par sa programmation, le FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS DE FEMMES de Créteil n’a jamais cessé de lutter contre toutes les formes de discrimination.

Par cette Tribune, nous nous associons à Mr Laurent Cathala, maire de Créteil, qui dans un récent communiqué de presse condamne la baisse des financements publics en faveur de la culture. La Maison des Arts, le Centre chorégraphique National et le Festival International de films de femmes de Créteil qui en sont les cibles, sont insidieusement conduits à moins de création, de programmation, d’actions culturelles en direction des publics. Dans le cas de notre Festival, cette mesure a conduit à un arrêt brutal en mars 2026, faute de financement suffisants. Nous recherchons activement, avec nos partenaires, des dates nouvelles, pour que se tienne notre 48e édition, dès l’automne prochain.

Unique dans ses engagements, unique dans ses réalisations, le Festival International de Films Femmes (FIFF) a pris son essor dans les années 80, lorsque le mouvement des femmes était en pleine effervescence. Il a réussi à devenir une référence internationale parce qu’il a su emprunter le chemin de la solidarité et jamais celui de la concurrence stérile. Son envergure, il la doit surtout à son esprit d’exploration.

Nous ne voulons plus savoir pourquoi un Festival comme le nôtre, reconnu et honoré internationalement, est parfois boudé nationalement. Nous avons depuis longtemps des partenaires fidèles qui nous ont soutenus et auxquels nous sommes profondément reconnaissants, mais nous ne voulons plus essayer de comprendre, par exemple, pourquoi des instances cinématographiques aussi bien que la presse spécialisée découvrent une réalisatrice, souvent après sa mort, s’enthousiasment pour son œuvre, lui consacrent des journées ou des rétrospectives, mais oublient que cette même réalisatrice a été accueillie au FIFF de son vivant, 20 ou parfois 30 ans plus tôt, à travers des rétrospectives, des rencontres et des débats autour de toute son œuvre. Dans le domaine de l’art comme d’ailleurs dans celui de la recherche, nous avons appris à critiquer, à analyser, mais aussi à goûter, à apprécier et à partager et non à brandir sa découverte comme un faire-valoir.

Nous ne comprenons pas, par exemple, comment un certain journaliste, que de mémoire,  nous n’avons jamais croisé au festival, se permet de publier un article sur notre fonctionnement associatif interne, en essayant de divulguer de fausses informations, qu’il n’inscrit même pas dans le contexte culturel actuel et inquiétant que vivent les français.es. Alors que son devoir de journaliste, d’une presse spécialisée, est d’informer les lectrices et les lecteurs de son magazine, sur l’importance des réalisations du festival qui depuis 47 ans, mène un combat assidu et unique pour l’égalité des chances entre réalisatrices et réalisateurs et que l’objectif est encore loin d’être atteint. 

Beaucoup de travail reste à accomplir, c’est pourquoi nous allons nous engager à créer des événements autour :

Nous avons l’honneur et le plaisir de vous associer à notre démarche de défense de notre festival. Nous avons eu le grand bonheur et le grand honneur, pour certaines et certains d’entre vous, de vous accueillir lors de nos précédentes éditions et nous vous remercions vivement de votre présence et de votre soutien. Comme nous remercions vivement toutes les donatrices et tous les donateurs qui ont répondu à notre appel au don, dès mars 2026.

Par votre participation, vous avez contribué à la qualité et à la notoriété de notre projet unique. Nous avons encore besoin de vous.

Nous avons besoin de votre signature pour constituer sur la base de ce texte, un comité de soutien, qui nous sera d’un grand réconfort pour organiser une nouvelle édition selon une nouvelle formule, avant fin 2026.

Vous pouvez également faire un don en suivant ce lien, nous vous en serions très reconnaissant.es.

Honneur aux femmes cinéastes et à toutes les professionnelles du cinéma.

Le conseil d’administration, la direction et l’équipe de l’AFIFF, Créteil le 28 05 2026

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