Édition 2012

Palmarès

Prix du public, Meilleur long métrage documentaire
CON MI CORAZON EN YAMBO
Grand prix du jury, Meilleur long métrage de fiction
INVISIBLE
Prix du Public – Meilleur long métrage fiction
MARGARITA
Prix du jury Graine de Cinéphage – Meilleur long métrage documentaire
NOTRE ÉCOLE (Scoala Noastra)
Prix du Public – Meilleur court métrage étranger
BALDGUY (Skallamann)
Prix des « Femmes de Fresnes » – Meilleur court métrage
DEMAIN, ÇA SERA BIEN
Prix du Public – Meilleur court métrage français
PLANET Z
Prix « Programme courts et création Canal + » – Meilleur court métrage
HOMBRE MÁQUINA
Mention spéciale du jury de Paris XII
DAD, LENIN AND FREDDY
PRIX BEAUMARCHAIS du Meilleur court métrage francophone,
Prix des « Femmes de Fresnes » – Meilleur court métrage

SAC DE NŒUDS

Compétitions

Longs-métrages de fiction

Invisible
Under Snow
Cisne
Margarita
Habibi

Longs-métrages documentaires

Con Mi Corazon En…
Il Castello
No Gravity
Glorious Deserter
Sderot, Last Exit
Le Corps D’une Femme
He Film
Help Ou Visibilité
Disparaissez, Les Ouvriers

Courts-métrages

Celle Qui Est Tombée
Flying Anne (Anne Vliegt)
The Song Of The…
The Corridor
Escárate (Hors-Compétition)
Le Gosse
Exercice De Fascination Au…
Stitches (Tfarim)
Fungus
Tempête Dans Une Chambre…

Jurys

Jury Compétition Fiction

Thomas Chabrol

C’est dans un film de son père, Alice ou La Dernière Fugue que Thomas Chabrol sera dirigé pour la première fois, en 1976. Complice, il le retrouve pour Madame Bovary, La Fleur du mal ou encore L’Ivresse du pouvoir. Parallèlement, il tourne avec Laurent Bénégui, Jacques Maillot. Il participe à de nombreux courts-métrages ainsi qu’à des téléfilms. Il a écrit et réalisé plus de 300 sketches pour la télévision.

Françoise Huguier

Photographe, réalisatrice et commissaire d’exposition, Françoise Huguier se définit volontiers comme « photographe documentaire ». Amoureuse du continent africain (Sur les traces de l’Afrique fantôme, Secrètes), elle mène également un passionnant travail sur les appartements communautaires russes qui donne lieu au film Kommunalka, premier Prix Anna Politkovskaïa au Festival de Créteil en 2009.

Jacques Kermabon

Rédacteur en chef de Bref, le magazine du court métrage, Jacques Kermabon a dirigé plusieurs ouvrages (en 2007, Du praxinoscope au cellulo) et produit des documentaires sur France Culture (Cinéromance, le Bon Plaisir de Johan van der Keuken…). Il est aussi correspondant de 24 Images, revue de cinéma québécoise, et programmateur associé aux Archives audiovisuelles de Monaco.

Agnès Merlet

Cinéaste et scénariste, Agnès Merlet suit des études d’art puis intègre l’IDHEC. Rapidement, elle passe derrière la caméra, signe des courts métrages, des clips vidéos (Les Innocents, Jean louis Murat), des documentaires et en 1994, réalise Le Fils du requin, nominé au César de la meilleure première oeuvre. Vont suivre Artemesia (1997), Dorothy Mills (2008) et Hideaways ex Tj-he Last Furlong (2011).

Marie Vermeiren

Marie Vermeiren vit et travaille à Bruxelles. Cinéaste, elle a développé un cinéma activiste féministe en lien avec les luttes politiques des femmes. Depuis 2008, elle est coordinatrice de ELLES TOURNENT, association de promotion de femmes cinéastes qui organise un festival annuel en septembre à Bruxelles et qui s’implique activement dans la recherche de la place des femmes dans le milieu de l’audiovisuel.

Jury Compétition Documentaire

Abraham Cohen

Après des études de philosophie à Paris-X Nanterre, Abraham Cohen est aujourd’hui coordinateur du dispositif Cinéastes en Résidence de Périphérie à Montreuil et concepteur des séances du Réel Inventé, à La Générale N-E à Paris. Cinéaste, il a réalisé J+1 en 2008, Pour un seul de tes 2 yeux en 2010 et Bellevue dernière séance en 2011.

Kristian Feigelson

Kristian Feigelson, sociologue et chercheur associé à l’Ehess, enseigne le cinéma à la Sorbonne-Nouvelle. Il collabore à différentes revues (Esprit, Cahiers Louis Lumière, Positif, Théorème…) et a été Président du jury du Festival de films documentaires de Saint-Pétersbourg en Russie. Il vient de publier « La Fabrique filmique : métiers et professions » Armand Colin, 2011.

Mathilde Grosjean

Après des études universitaires en cinéma et en sociologie, Mathilde Grosjean apprend le métier de monteuse au fil des rencontres avec des réalisateurs et des monteurs sur des longs métrages de fiction. Elle a travaillé en tant que monteuse sur des fictions et documentaires avec notamment Sandrine Veysset, Solveig Anspach, Philippe Faucon, Charles Castella, Claire Childéric,…

Liliana Navarra

Titulaire d’un doctorat en cinéma, Liliana Navarra s’intéresse au lien entre le Cinéma, l’Anthropologie et la Sociologie. Elle est membre de l’AIM – Association des Investigateurs de l’Imagé en Mouvement, de la NECS – European Network for Cinema and Media Studies, et du IFL – Institut de la Philosophie de la Langage. Elle travaille sur l’oeuvre du réalisateur João César Monteiro.

Monique Sicard

Monique Sicard est chercheuse au CNRS, dans l’équipe ITEM (Institut des textes et manuscrits modernes) en tant que responsable de l’axe genèse des arts visuels. À ce titre, elle a crée et animé un séminaire qui s’appelle « Photo-graphie », théorie, pratique, image. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur la question du regard et de l’image.

Au coeur de l'Europe

Autoportrait : Anne Alvaro

Anne Alvaro – Aventurière des mots en mode majeur

Anne Alvaro – Aventurière des mots en mode majeur
De sa voix si particulière, à la fois claire et voilée, Anne Alvaro guide la conversation. Ses intonations nuancées sont empreintes d’une autorité pleine d’élégance et de délicatesse. Au cours de l’entretien, auquel elle s’est généreusement prêtée, se dégage un portrait attachant et lumineux. Au-delà des multiples voix qu’elle interprète au théâtre comme au cinéma, on entend l’amour des mots : « Quand on est enfant, on aime les mots pour leur sonorité autant que pour leur sens. » Cet amour, non seulement elle le communique à ses spectateurs, ses élèves et ses étudiants, mais elle l’inscrit aussi dans un projet de longue haleine : l’enregistrement d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust.
Du côté de sa maison normande, elle fait de longues marches pour méditer sur les textes qu’elle va interpréter : « Tous mes rôles, je vais les tremper dans la forêt », dit-elle sur un mode poétique.
Au commencement…
Née à Oran, j’ai passé toute mon adolescence à Créteil. J’ai étudié au lycée Marcelin-Berthelot, où j’allais à bicyclette, je prenais la passerelle et je passais derrière ce que vous appelez maintenant le vieux Créteil.
À 9 ans, j’ai fait mes débuts au conservatoire municipal. Le professeur s’appelait Alain Souchère. Pendant trois mois j’ai été l’unique élève de la classe, répétant seule sur le plateau L’École des femmes (« le petit chat est mort… »). Je prenais l’autobus.
Dans ces moments-là, hors du temps, j’ai découvert le plaisir de dire les mots des autres, qui investissaient mon imaginaire tout en me laissant une absolue liberté. J’étais le centre du monde, sous le regard de mon prof, qui m’apprenait des choses. Le théâtre était le refuge immédiat pour tous les rêves possibles. Je n’ai plus jamais voulu quitter cet endroit.
Est arrivé Mai 68 et j’ai refermé la porte du conservatoire. J’avais 19-20 ans. J’ai tout de suite travaillé dans la compagnie de Denis Llorca. Nous avions le même âge et il était mon compagnon. Pendant 7 ou 8 ans j’ai joué Shakespeare, d’abord et avant tout Shakespeare.
En 1968, tout a explosé, tout était possible, une vraie liberté, la liberté d’une époque. On montait un spectacle, on trouvait un lieu, on collait des affiches la nuit, on faisait venir des gens et on jouait, on jouait n’importe où. Ces années d’apprentissage ont été les plus fortes. C’est à cet âge-là qu’on fait les rencontres marquantes, qu’on porte un auteur comme on porte un étendard dès que l’on se retrouve sur un plateau et avec des partenaires.
La liberté suscite la curiosité des aventures théâtrales venues d’ailleurs, par exemple des Etats-Unis. J’ai travaillé avec Bob Wilson dans Le Regard du sourd, qui a été un choc.
Juste avant, j’avais rencontré Jean Négroni pour Dieu aboit-il ? au théâtre des Mathurins avec Jean-Pierre Darras.
Jean Négroni m’avait vue dans une représentation de fin d’année au conservatoire de Créteil et c’est lui qui m’a ouvert la voie en me disant : « Le théâtre, c’est ça et toi tu es à ta place, tu es là. » Il venait d’être nommé directeur de la Maison des Arts de Créteil en préfiguration dans la salle Jean Cocteau de Créteil Village.
C’est un épisode important, le début de grands projets de décentralisation à travers les maisons de la culture.
J’ai toujours travaillé dans le théâtre public. Pour moi, c’était une évidence même, c’est ce qui m’a construite, la ligne conductrice. Au cours de mes rencontres avec des hommes de théâtre, je me suis rendu compte que j’avais non pas une capacité, ni une compétence, mais un potentiel. Il me suffit de creuser dans ma mémoire, d’être attentive à l’autre et de me servir de mon acquis. On ne transmet pas l’expérience, tout juste un regard, un point de vue. Mais est-ce qu’on devient acteur ? Je n’en suis pas sûre. Par contre, je ne sais plus qui disait qu’être acteur, ce n’est pas la volonté de l’être, c’est celle de le rester. Et c’est vrai qu’il y a des moments de découragement, d’hésitation, de doutes…
De doute, oui, heureusement. De doute sur les choix, sur la capacité de résistance et sur la ténacité. Effectivement, la volonté de le rester, c’est une étape obligée.
La vie se mêle au métier impossible de tracer des frontières
Mes choix ont évolué au cours des années. À un moment, je disais « c’est l’auteur », il fallait bien dire quelque chose, après je disais « non, non, c’est le metteur en scène. », « non, non, c’est les partenaires. », « c’est le rôle », ça dépend.
Je crois vraiment que c’est une histoire de moment. Il m’est arrivé assez rarement d’éprouver ça, je veur dire « ah, c’est pour moi maintenant. », reconnaissant la proposition, le projet, l’aventure possible.
Les grands metteurs en scène qui ont marqué ma carrière d’actrice
Dans une interview, Jean Négroni dit que le rôle d’un directeur d’acteurs est d’inoculer un texte étranger à un comédien dont le travail consiste à se l’approprier. Parfois, il peut y avoir rejet. J’ai connu de longues collaborations. Mais ma liste est éclectique. Denis Llorca, c’est sûr. Bob Wilson, qui m’a fait découvrir complètement autre chose, Raoul Ruiz. Et puis dans l’ordre des rencontres : André Engel, Bernard Sobel, Georges Lavaudant, Lucian Pintilié…
Ils ne se ressemblent en rien, mais évidemment il y a un champ commun entre eux, le théâtre. Chacun me fascine avec sa personnalité, sa culture, son passé. Quand je les ai rencontrés, tous avaient déjà imposé leurs visions personnelles, leur manière de travailler, leur relation à l’acteur, au texte et au plateau. En les abordant chacun tour à tour et sans oublier ce que j’avais appris des précédents, je tentais de me plier à leur volonté et d’exaucer leurs désirs. Il faut un temps, le temps du théâtre, pour traduire l’autre, comprendre son langage, son regard, ses humeurs, ses secrets. J’ai oublié quelqu’un avec qui j’ai travaillé une seule fois, hélas ! Alain Ollivier. Je m’étai embarquée avec lui dans une incroyable aventure, Le Marin, de Fernando Pessoa (drame statique).
Quant aux femmes metteurs en scène, il n’y en pas eu tant que ça, mais ce fut à chaque fois une rencontre singulière.
Anne Torres, avec qui j’ai travaillé plusieurs fois, Anne Dimitriadis, Claire Lasne pour un Tchekhov.
La différence est peut-être dans l’à-côté, ce n’est pas rien, mais sur le plateau, c’est la même chose, même effort de traduction, même intérêt à découvrir une nouvelle manière de travailler.
Des expériences hors cadre
Ma première tentative de mise en scène m’a été offerte par les Appa, des Acteurs-Producteurs-Associés en une sorte de phalanstère grâce à Josiane Orville. On a pu faire « une action », un festival sur plusieurs semainesavec la possibilité pour chaque membre des Appa de proposer un geste artistique à partir du thème Conversation d’artistes.
À cette occasion, j’ai pu rencontrer John Berger, qui m’a donné les droits d’adaptation de quelques pages de son livre Un peintre de notre temps, que j’avais appelé Le Journal de Janos. C’est un spectacle qui durait 40-45 minutes, le bonheur total, un très beau souvenir.
C’était une vraie tentative de découvrir des projets solidaires autour de contenus originaux et qui n’a pas duré très longtemps. L’année, d’après le thème portait sur Conversation d’idiots, puis sur Le Bicentenaire. Là, on s’était attaqué à la Révolution.
Parmi les lecteurs il y avait Hélène Lapiower, André Wilms, Charles Berling, Anouk Grimberg.
Hélène Lapiower a tourné des films magnifiques sur sa famille. Elle a malheureusement disparu il y a une douzaine d’années. On avait tourné ensemble dans un court métrage d’Anne-Marie Miéville, Faire la fête, qui sortait en même temps que le film de Jean-Luc Godard Je vous salue Marie.
Charles Berling avait mis en scène avec Michel Didym une des réunions du groupe des surréalistes qui portait sur la sexualité, « Succubation d’Incubes ». TOUS étaient joués par des femmes : Anouk jouait Prévert, je jouais Aragon…
Le cinéma : « moteur, action »
« Moteur, action », c’est Agnès Godard qui me l’a enseigné. 
Elle a été très pédagogue. En fait c’est avec elle que j’ai tourné pour la première fois, dans son film de sortie de la Fémis, La Lumière sous la porte. Elle m’avait contactée après avoir lu un article élogieux dans Libé. Je jouais à ce moment-là Hedda Gabler.
Mais j’ai vraiment eu l’impression de découvrir le cinéma avec Raoul Ruiz. Il est unique. C’est un enchanteur et l’un des premiers avec qui j’ai tourné plusieurs films coup sur coup. D’abord, il y a eu Bérénice produit par le festival d’Avignon. Il m’a donné la permission de jouer Bérénice au cinéma, ce que je n’avais jamais fait au théâtre. Et dans des conditions tellement singulières, tellement magiques… Je suis partie pendant un mois avec lui au Portugal pour tourner La Ville des pirates, après les quatre jours de tournage de Bérénice. 
Grâce à Ruiz, je me rendais compte que le cinéma pouvait être un magnifique geste d’ouverture. Il convoquait le rêve, la magie, la marionnette, la peinture, la fantaisie la plus débridée. J’étais fascinée, ravie d’être cette créature-là dans son rêve, d’entrer dans ses propositions les plus loufoques, dans sa cuisine intime.
Raoul Ruiz on ne peut pas le cataloguer, c’est un poète, un inventeur. Sa culture est multilingue, son univers à la fois inapprochable et généreux, ouvert à l’autre. Quand il nous parlait, nous racontait des histoires, il me tenait sous le charme.
La grande différence entre cinéma et théâtre, c’est le rapport au temps. Au cinéma, c’est l’instant qui prime. Prenons la dernière expérience cinéma que j’ai eue, sur le tournage de Bertand Blier. J’ai compris que chez moi quelque chose avait un peu changé, j’avais appris à me mettre en veille. Ça, c’est assez magnifiquement comme état d’esprit, d’être en veille.
Mes choix de cinéma
Pour Le Goût des autres, la rencontre avec Agnès Jaoui réalisatrice et actrice, s’est faite au théâtre de l’Odéon où je jouais une pièce de B. Brecht. Agnès et Jean-Pierre sont venus dans ma loge. Une semaine après, je reçois leur scénario. Je me précipite, je le lis et c’est une merveille. Ils écrivent ensemble, mais pour le coup c’était le premier film d’Agnès. Je me souviens que sur le plateau régnaient une excellente organisation et une grande harmonie. 
C’est un très beau sujet… Nous formions un équipage solidaire. Un sujet profond traité avec légèreté, à la limite de la comédie, sans jamais tomber dans la caricature. 
Tous deux ont su trouver la distance juste avec suffisamment d’empathie pour les personnages. Ils parviennent dans ce film à éclairer les agissements de microsociétés qui conduisent à l’ostracisme. C’est un film plein d’humanité dont je pense qu’il restera.
J’ai choisi de montrer À mort, la mort!, le film que Romain Goupil a fait après Mourir à 30 ans sur la génération sida.
Il avait réuni ses potes de toujours et demandé à Brigitte Catillon, qui avait participé à l’écriture du scénario, avec qui elle voulait tourner. Brigitte avait aussitôt pensé à Christine Murillo et à moi (à l’époque nous étions trois inséparables). Il y avait aussi Brigitte Fontaine dans la distribution.
Entre-temps, j’avais tourné un autre film avec Romain : La Java des ombres. 
Quand Claude Goretta m’a appelée pour interpréter le rôle de Simone de Beauvoir dans Sartre, l’âge des passions, je lui ai dit oui tout de suite.
Le personnage principal c’est Sartre, joué par Denis Podalydès, mais avec un Castor incontournable. C’était diffiicle. 
Au cours de la préparation du tournage, les conversations avec Claude étaient très animées. Le sujet était essentiellement centré sur la période de la guerre d’Algérie jusqu’au moment où Sartre a refusé le prix Nobel. Par rapport au scénario initial, Goretta a beaucoup insisté pour étoffer le personnage de Simone de Beauvoir, qui avait été un peu minimisé. Il nous a laissé dans certaines scènes une grande liberté d’improvisation.
Les Bureaux de Dieu, de Claire Simon, est un film militant et politique. Claire a réussi là quelque chose de formidable. Son film a été précédé d’un gros travail d’enquête. Elle a passé plusieurs mois dans différents plannings familiaux. De là, l’idée très originale d’associer des actrices professionnelles à des infirmières et des conseillères du planning familial. 
Quant au film de Blier, Le Bruit des glaçons, le sujet en est magnifique. J’ai aimé le scénario et en tournant avec lui, j’ai beaucoup admiré sa liberté de ton, son imaginaire. Le jour où l’on devait tourner la scène d’amour, Bertrand Blier nous annonce : « Je vais tourner la scène comme une femme, comme une femme filmerait un homme. »
Jean Dujardin est extraordinairement beau. Là, il est effectivement à travers le regard d’une femme. Il est magnifié. Ça lui donne une dimension très particulière. 
J’ai aussi joué des garçons. Roméo dans Roméo et Juliette (tous les personnages étaient joués par des femmes) et un idéologue dans une pièce montée par Wajda. À la suite de quoi, il m’a fait tourner dans DANTON. 
Comme un beau voyage
Il y a deux métaphores qui reviennent régulièrement dans le théâtre : les métaphores amoureuse et maritime. Pêle-mêle : l’embarquement, l’embarcation, la composition de l’équipage, la mer d’huile, la mer agitée, l’arrivée à bon port, les amateurs, la personnalité du capitaine, ses responsabilités, etc. 
L’aventure sera toujours mouvementée, et toujours les comédiens espéreront la belle traversée.
Entretien avec Jackie Buet
Merci à Diana, à Ghaiss et à Hélène pour leur précieux concours de relecture et de corrections. 
LE GOÛT DES AUTRES d’Agnès Jaoui
LA LUMIÈRE SOUS LA PORTE d’Agnès Godard
LE GOÛT DE PLAIRE d’Olivier Ducastel
DANTON d’Andrzej Wajda
LA VILLE DES PIRATES de Raoul Ruiz
À MORT, LA MORT! de Romain Goupil
LA CHOSE PUBLIQUE de Mathieu Amalric
SARTRE, L’ÂGE DES PASSIONS de Claude Goretta
LES BUREAUX DE DIEU de Claire Simon
LE BRUIT DES GLAÇONS de Bertrand Blier

Au Coeur de l'Europe

La Nuit De Mes…
Un Peu Plus D’éternité
Un Bon Mari, Un…
Noir Océan
Une Île
La Folie Almayer
Justice For Sale
L’amour Vient En Mangeant
Marieke, Marieke
Joy

Hommage à Carole Roussopoulos

Samedi 7 avril 17h

En présence de Nicole Fernandez et Hélène Fleckinger

En partenariat avec Le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir

Carole Roussopoulos, une femme à la caméra de Emmanuelle De Riedmatten

Suisse

2011 | documentaire | 1h16

couleur | vf

Scénario : Emmanuelle de Riedmatten

Image : Camille Cottagnoud

Montage : Jean Reusser

Production : Le CinéAtelier

Pionnière de la vidéo, Carole Roussopoulos a mis en mémoire un demi-siècle de militantisme de tous bords, de Jean Genet aux délinquants en passant par la fondation du MLF à Paris, les mouvements homosexuels, la Palestine et les anonymes de l’histoire, les « sans voix », comme elle aimait à les nommer. Paroles de ses proches d’hier et d’aujourd’hui alternent avec des extraits de ses films, témoignages indispensables des luttes sociales et des émancipations des minorités.

A video pioneer, Carole Roussopoulos’s camera has captured a half-century of activism of all stripes, from Jean Genet to delinquents, the emergence in Paris of the women’s liberation movement, the gay rights movement, free Palestine movement as well as the anonymous stories of the « voiceless, » as she liked to call them. Words given from her family as well as those of close past and present friends alternate with film excerpts points of view, critical stories of social struggles and minority emancipation.

Le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir

Fondé en 1982 par Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Ioana Wieder, le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir a pour mission de recenser tous les documents audiovisuels sur les droits, les luttes, l’art et la création des femmes, de les faire connaître et de les distribuer. La création d’une mémoire audiovisuelle s’inscrit dans la perspective commune au mouvement des femmes de donner une image positive de leur place, de leur rôle et de leur contribution. Ce fonds compte de nombreuses vidéos militantes féministes, gays et lesbiennes des années 1970-1980, mais aussi des oeuvres plus récentes, documentaires, vidéo art, fiction et films expérimentaux produits en France et à l’étranger. Le fonds valorise des oeuvres trop souvent méconnues, peu visibles, voire encore oubliées faute de distribution… Parallèlement à ce travail de sauvegarde et de valorisation d’une mémoire audiovisuelle, le Centre s’est donné pour mission l’éducation à l’image et en premier lieu l’analyse des représentations sexuées dans l’audiovisuel.

 

Autres films

La Ville Des Pirates
Danton
À Mort, La Mort!
Le Goût Des Autres
Sartre, L’âge Des Passions
La Lumière Sous La…
Les Bureaux De Dieu

Évènements

Concert d’ouverture

L’un n’empêche pas l’autre

« L’un n’empêche pas l’autre » est un florilège d’anciennes et nouvelles chansons. En plus des inédits et des morceaux rares, Brigitte Fontaine a puisé dans son répertoire les chansons qu’elle souhaite réenregistrer. Elle assurera le concert inaugural du Festival International de Films de Femmes de Créteil avec le souffle et la folle fantaisie qu’on lui connaît.

Vendredi 30 mars 2012 – 20h30 // Grande salle de la Maison des Arts // tarif spécial FIFF : 20€

en partenariat avec la Maison des Arts de Créteil

Soirée à  la frontière des genres – Ina

Mercredi 4 avril à 19h

La guerre d’Algérie, les femmes aussi

Dans les archives de l’Ina

Documents présentés par Joëlle Olivier, chargée de projets culturels à l’Ina, et commentés par Maître Gisèle Halimi

A l’occasion du soixantième anniversaire de la signature des accords d’Evian, cette programmation rappelle l’engagement des femmes des deux côtés de la éditerranée. Comme en témoignent les interviews de Djamila Boupacha, des militantes du FLN filmées pour le magazine Zoom et de Gisèle Halimi.

Des hommes interviewés pendant la guerre d’Algérie, puis soudain une femme qui sourit ; une interview de Gisèle Halimi, chez elle, sur la défense de Djamila Boupacha ; des femmes algériennes parlent de leur vie cinq ans après la fin de la guerre ; un bref instant pour écouter Djamila Boupacha interrogée sur la torture… Gisèle Halimi échange avec des femmes sur le plateau d’« Aujourd’hui madame » … Ces documents restituent la parole des femmes pendant et après la guerre d’Algérie.

Au programme :

  • Cinq colonnes à la Une, Alger : après 7 ans de guerre (1961, 15mn) / Ina (ORTF)
  • Tel quel Les Droits de la défense (1967, 1mn42) – réalisateur Michel André / Ina (ORTF)
  • Zoom Les Filles de la révolution (1968, 31mn) – réalisateur Robert Bouchard / Ina (ORTF)
  • Quatrième mardi, L’Algérie, 10 ans après. Premier volet : L’Algérie des Algériens (1972, 1 min26s, Ina) – réalisateurs : Igor Barrère, Ange Casta
  • Aujourd’hui madame, Gisèle Halimi (1974, 6mn54s, Ina) – réalisateur Guy Labourasse

21h : Pour Djamila de Caroline Huppert, 2011

Présenté par Gisèle Halimi et Caroline Huppert

En partenariat avec Arte Actions Culturelles

France

2011 | fiction | 1h44

Format | couleur | vf

Scénario : Caroline Huppert d’après l’oeuvre de Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi Djamila Boupacha

Image : Bruno Privat

Montage : Aurique Delannoy

Musique : Matthieu Lamboley

Production : Barjac Production

Interprétation : Marina Hands, Hasfia Herzi, Dominique Reymond, Thomas Jouannet, Salah Teskouk, Arnaud Bedouet, Henri Courseaux

En pleine guerre d’Algérie, Djamila Boupacha, 22 ans, est arrêtée et avoue avoir posé une bombe pour le compte du FLN. Interrogée par l’avocate parisienne Gisèle Halimi, elle revient pourtant sur ses aveux, qu’elle dit avoir été obtenus sous la torture. Gisèle Halimi va alors tout faire pour renvoyer le procès, au terme d’une enquête bâclée par le tribunal militaire d’Alger et éviter la guillotine à Djamila. De retour à Paris, l’avocate mobilise autour de Djamila des personnalités de première importance : Malraux, Mauriac, Sagan et surtout Simone de Beauvoir, qui réussit à alerter l’opinion publique. Djamila est enfin ramenée en France pour y être auscultée et jugée. Alors qu’un procès sans précédent se prépare et que des actes de torture en Algérie vont être reconnus pour la première fois, les accords d’Evian mettent fin à la guerre et tous les militants du FLN sont libérés. Parmi eux Djamila, ramenée en Algérie par les siens, où elle deviendra un symbole d’indépendance et de la lutte contre la torture.

« In the war of Algeria Djamila Boupacha, 22, was arrested and confessed to placing a bomb on behalf of the FLN. Asked by lawyer Gisèle Halimi in Paris, she returned yet his confession obtained under it says torture. Gisèle will then make every effort to return the trial after a botched investigation by the military court of Algiers, Djamila and avoid the guillotine. Back in Paris, counsel mobilizes around Djamila personalities first importance : Malraux, Mauriac, Sagan and especially Simone de Beauvoir, who managed to alert the public. Djamila has finally returned to France to be sounded and considered. While a trial without precedent and is preparing to torture in Algeria will be recognized for the first time, the Evian Accords put an end to war and all the militants of the FLN are released. Djamila Among them, returned to Algeria by her family where she became a symbol of independence and the fight against torture. »

Rencontre « Ici on noie les algériens »

Samedi 7 avril à 16h30

En présence de la réalisatrice

Ici noie les algériens de Yasmina Adi

France

2011 | documentaire | 1h30

couleur & noir et blanc | vostf

Scénario : Yasmina Adi

Image : Laurent Didier

Montage : Audrey Maurion

Musique : Pierre Carrasco

Production : Agat Film & Cie, l’Ina

À l’appel du Front de libération nationale (FLN), des milliers d’Algériens défilent le 17 octobre 1961 contre le couvre-feu qui leur est imposé. Cette manifestation pacifique sera très sévèrement réprimée. Mêlant témoignages et archives inédites, la cinéaste retrace les différentes étapes de ces événements et révèle les méthodes mises en place au plus haut niveau de l’Etat : manipulation de l’opinion publique, verrouillage de l’information…

At the call of the National Liberation Front (FLN), thousands of Algerians marched on Oct. 17, 1961, against the curfew imposed on them. This peaceful protest will be severely punished. Combining interviews and unpublished archives, the filmmaker traces the various stages of these events and reveals the methods implemented at the highest level of state: manipulation of public opinion, locking information …

« En tant que femme d’origine algérienne, le dialogue avec ces témoins s’est instauré naturellement, comme on parle avec une tante, une cousine… Ce rapport naturel et cette confiance mutuelle leur ont permis de se livrer devant la caméra, de témoigner de leur histoire sans tabou, des récits longtemps tus, touchant parfois à l’intime. Par mon approche et ma sensibilité, j’ai toujours accordé beaucoup d’importance à “l’aspect humain” de l’Histoire. Enfin, en tant que femme, il est évident que j’ai été profondément touchée par le destin de ces “mères courage” qui ont dû faire face à la perte ou la disparition de leur mari, de leur(s) frère(s), qui ont dû subvenir aux besoins de leur famille, tout en continuant à rechercher leur(s) disparu(s)… En tant qu’actrices des manifestations ou victimes de la répression, elles sont aujourd’hui porteuses du récit de ces événements oubliés des livres d’Histoire. »

Yasmina Adi – extrait du dossier de presse

Carte blanche au festival Sur les pas de mon oncle

Lundi 2 avril à 12h30

MAC – Satellite

le Festival du court-métrage « Sur les Pas de Mon Oncle » de la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés a lieu chaque année à la mi-octobre au cinéma LE LIDO.

Il est réservé aux jeunes cinéastes de moins de 30 ans qui ont réalisé un film sans société de production. Il a donc pour objectif de mettre en valeur les jeunes cinéastes dans leurs premiers pas et de les encourager dans leurs futurs projets. De nombreuses actions sont mises en place durant l’année afin d’aider les jeunes cinéastes dans leurs futures démarches.

Chaque année, le festival de Saint-Maur révèle ainsi des jeunes réalisatrices de talent dont les premiers films méritent une attention particulière. Leurs courts-métrages ont montré une originalité, une vision personnelle qui se doit d’être encouragée.

Ces cinéastes sont à l’orée de leur carrière professionnelle et tentent de monter leur premier projet avec une société de production. La réussite de cette étape les conduira ensuite vers la réalisation du premier long-métrage.

Les Mains baladeuses de Noémie Gillot

France | 2010 | fiction | couleur | 9mn

avec : Agathe L’Huillier, Xavier Bazin, Maxime Le Gall, Maxime Franzetti, Francis Coffinet, Jean-Pierre Méjan

Comment compenser sa solitude quand on est une jeune femme à l’imagination fertile?

Miscellannées de Anne-Lise King

France | 2010 | animation poétique | couleur | 4mn

Le soir tombe sur les montagnes du Queyras. Un être étrange apparaît dans la forêt et plante une graine qui fait naître un arbre au feuillage magique. Quand le jour se lève, une des petites feuilles entame alors un voyage qui animera toute la vallée.

Les Mouillettes de Pauline Fougère

France | 2010 | comédie musicale | couleur | 3mn

avec : Albert Delpy, Nadine Darmon, Damien Bonnard, Florence Véruni, Loïc Flameng, Laurent Hervé, Alice Inguenaud, Leila Gaudin, Laurent Desponds, Raphael Tanant.

Dans un bistrot parisien, un « habitué » décide un jour, brusquement, de changer justement ses habitudes.

Qëhnelö, la passeuse d’âmes de Julie Ferrand

France | 2010 | animation | couleur | 4mn

C’est l’histoire d’Anna, une passeuse d’âmes, qui s’ennuie dans son île perdu au milieu d’un désert. Un jour, un enfant se glisse au milieu d’un convoi d’âmes et vient perturber la monotonie de la vie de notre passeuse d’âmes.

A44 de Stéphanie Simon

France | 2011 | fiction | couleur | 7mn

avec : Antoine Laurent, Gaelle Billaut-Danno, Jean-Pierre Lazzerini

Un homme a besoin d’un certificat de domiciliation pour son nouveau travail. Il va se retrouver confronté à l’absurdité administrative bureaucratique.

La Quête du bonheur de Camille Texeira

France | 2011 | fiction | couleur | 9mn |

avec : Yan Richard, Matéo Bourgeois, Cristina Toccafondi, Julien Lavaud, Sophie Baranes, Loulou Richard, Wilfried Enesa

A 27 ans Léo semble être un jeune homme plutôt banal et pourtant… Son activité favorite : chercher les signes de la vie qui pourraient le faire sortir de son quotidien. Il chemine ainsi d’échecs en échecs jusqu’au jour où un simple regard va tout changer.

Les 40 ans du Procès de Bobigny

Dimanche 1er avril à 17h

En présence de Gisèle Halimi et Roseline Tiset (Ligue des droits de l’homme), avec le soutien du Conseil général du Val-de-Marne

Le procès Bobigny de François Luciani

France

2006 | 1h28

couleur | vf

Scénario : François Luciani

Image : Jonny Semeco

Montage : Nicolas Barachin

Musique : Jean-Marie Sénia

Production : Mascaret Films, Danaos

Interprétation : Sandrine Bonnaire, Anouk Grinberg, Juliette Lamboley, Nathalie Besançon, Tom Novembre, Sophie Le Tellier, Marie Bunel, Mathieu Tribes

Martine, une modeste employée de la RATP aide sa fille Léa à interrompre sa grossesse à la suite d’un viol. Dénoncées, elles sont inculpées et arrêtées. Martine s’adresse à la seule avocate dont elle connaisse le nom, Gisèle Halimi. Celle-ci lui propose de revendiquer son acte lors du procès, en déclarant que ce n’est pas elle, Martine, qui est responsable, mais la loi. Gisèle Halimi transforme alors en événement national et un grand mouvement d’opinion publique mène à un non-lieu pour Léa.

Bobigny, 1972. Martine, a public transport employee, helpes her daughter get an abortion after being raped. Reported to the police, they are charged and set to be brought to trial. Martine contactes the only lawyer whose name she knows: Gisèle Halimi. With Martine’s assent, Halimi sets out to make this trial a test case in order to denounce this injustice inflicted on women. The affair became a famous cause and a major public opinion campaign led to the charges against the Léa being dropped.

> Projection du court métrage Les Hommes s’en souviendront de Valérie muller en début de séance

France | 2006 | fiction | Format | 9mn | vf

Scénario : Valérie Müller

Image : Philippe Roussilhe

Montage : Gwen Mallauran

Musique : Angelin Preljocaj

Production : Petrouchka Films

Interprétation : Michel Elias / Aurélie Guichard / Olivier Soler / Marina Foïs

Le 26 novembre 1974, quelques heures avant sa présentation à l’Assemblée Nationale du projet de loi pour l’avortement, Simone Veil se prépare dans un appartement bourgeois comme dans l’antichambre du torero avant d’entrer dans l’arène.

Forum Arte Actions Culturelle

Femmes pendant la guerre d’Algérie

Mercredi 4 avril à 18h

Animé par Feriel Lalami. Avec Caroline Huppert, réalisatrice et la poétesse algérienne Zineb Laouedj

« Les Algériennes ont été de toutes les luttes pour la libération de leur pays du régime colonial français. Leur image de combattantes a été d’un grand apport au mouvement nationaliste algérien. Pour les moudjahidate , il allait de soi que la lutte pour l’indépendance impliquait la libération de toute la société et la transformation des rapports sociaux de sexe. En effet, bien qu’elles aient accepté de mettre au second plan leurs aspirations à des droits spécifiques compte tenu des enjeux, elles avaient fait la preuve de leurs capacités. Mais au lendemain de l’indépendance, la question de leurs droits a été limitée à une reconnaissance formelle au plan politique et tout simplement niée par le code de la famille de 1984. Ce forum sera suivi de la projection du film Pour Djamila, de Caroline Huppert, sur le procès de Djamila Boupacha défendue par maître Gisèle Hallimi en 1961.

 

Masterclass

La Fémis à  l’honneur

lundi 2 avril à 19h

Master Class animée par Claire Simon, directrice du département Réalisation

La Fémis, école nationale supérieure des métiers de l’image et du son, assure un enseignement technique, artistique et culturel consacré aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Héritière de l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), elle a été créée en 1986. Depuis 1998, c’est un établissement public qui dépend du ministère de la Culture et de la communication. Elle occupe les locaux des anciens studios Pathé, rue Francoeur, à Paris. En une vingtaine d’année, La Fémis a formé plus de six cents professionnels, dont plusieurs réalisatrices, scénaristes et chef-opératrices ont été honorées au Festival; elle occupe aujourd’hui une place importante dans le monde audiovisuel et demeure une école d’art à part entière. Pour célébrer cet amour du cinéma, le Festival consacre à l’école une master class animée par Claire Simon, directrice du département réalisation et réalisatrice de renom elle-même. Héloïse Adam, Pauline Gay et Louise Jaillette, à l’aide d’extraits de leurs travaux « Barruan », « Demain, ça sera bien », « Le Gosse » (inclus en version intégrale dans la programmation du Festival) et d’autres films réalisés au cours de leur formation, nous parleront de leur rapport aux personnes et aux sujets filmés, de leurs démarches narratives, de leurs choix de réalisation.

Claire Simon découvre la pratique du cinéma direct aux Ateliers Varan et réalise plusieurs films documentaires : Les Patients, Récréations, et Coûte que coûte. En 1997, elle présente à la Quinzaine des réalisateurs son premier long métrage de fiction Sinon oui. Après une expérience théâtrale, elle renoue avec le documentaire en tournant 800 km de différence/romance et Mimi. Puis, elle signe deux fictions : Ça brûle et Les Bureaux de Dieu.

A corps et à  cri

Mardi 3 avril à 16h30

suivie à 21h de la projection du film : Mes deux seins, journal d’une guérison (2010)

Marie mandy soulève l’interdit des images

Marie Mandy est une réalisatrice que nous aimons à retrouver chaque fois que son travail nous interpelle. Elle est donc souvent présente au festival depuis 20 ans sans discontinuer. Révélée par Pardon Cupidon en 1992, elle est venue présenter depuis : Filmer le désir en 2001, Madeleine au paradis en 2002, Nos parents sont gay et c’est pas triste (2003) Les seins aussi ont commencé petits en 2004 Comment le dire à sa mère (2005) J’voulais pas mourir, juste me tuer (2005) Voir (sans les yeux) (2005) C KOI ETRE 1 FAM ? en 2006.

Cette année elle sera présente à la fois pour présenter une Master class sur le rapport du cinéma au réel et à l’invisibilité et son dernier film, Mes deux seins, journal d’une guérison (2010). Elle nous fera franchir les étapes de sa démarche intime à travers ses propres documentaires, tous le fruit d’une travail sur sa vie, sa perception et son analyse des codes et des passions humaines. Elle a toujours aimé animer des rencontres avec le public et bien souvent aussi avec le jeune public. Elle ira au-delà de sa propre démarche pour nous éclairer sur les nouvelles perspectives de réalisation offertes par le Web. Qu’est-ce qu’un web documentaire? Que propose-t-il d’innovant? « Je me sens comme une réalisatrice en mutation, car réaliser un web documentaire implique de réfléchir autrement. J’aime penser que le web documentaire est un genre qui s’adresse à la partie féminine de notre esprit… Exemples à l’appui, je reprendrai le trajet de ma pensée pour concevoir mon web documentaire La loge du sein, en vous proposant en même temps un voyage dans l’univers du web documentaire de femmes ». Marie Mandy

Née en 1961 à Leuven (Belgique), Marie Mandy étudie la philologie romane puis le cinéma à Londres. Elle vit et travaille entre Marseille, Paris et Bruxelles. Photographe et cinéaste, elle prépare un long-métrage de fiction et un web documentaire.