Édition 2010

Palmarès

Prix du public, Meilleur long métrage de fiction
WHEN WE LEAVE (Die Fremde)
Grand prix du jury
PUDANA – LAST OF THE LINE
Prix du Jury « Graine de Cinéphage »
MY QUEEN KARO
Prix du public, Meilleur long métrage documentaire
THE SUN BEHIND THE COULDS – Tibet’s Struggle for Freedom
Prix du Jury Anna Politkovskaïa – Meilleur Long Métrage documentaire
WAR AND LOVE IN KABUL
PRIX BEAUMARCHAIS du Meilleur court métrage francophone
C’EST GRATUIT POUR LES FILLES
Prix du Jury CANAL +
DREAM WALKER
Prix du jury de l’université Paris XII, Meilleur court-métrage européen , Prix du Public – Meilleur court métrage étranger
ME & MY NOSE – Mig & min næse
Prix du public, Meilleur court métrage français
UN TRANSPORT EN COMMUN

Compétitions

Longs-métrages de fiction

Orly
When We Leave (Die…
Mélodie Pour Orgue De…
Nothing Personal
Pudana – Last Of…
My Daughter
Blessed

Longs-métrages documentaires

El General
War And Love In…
Vents De Sable, Femmes…
The Sun Behind The…
Africa Is A Woman’s…
Rossia Hotel
Journal D’une Orange, Aller…
Asylum
Rewind

Courts-métrages

Le Fil – Thread
Seydou
Robe De Guerre –…
Between Dreams
A Moment Of Reality…
Dalaw
C’est Gratuit Pour Les…
Too Damn Late
La Burqa Rouge –…
Sincerely Yours – Med…

Graines de cinéphages

Entre Nos
My Queen Karo
Le Dernier Été De…
La Vie Sombre Trois…

Jurys

Compétition Fiction

Laure Adler – journaliste et auteur

Titulaire d’une maîtrise de philosophie et d’un doctorat d’histoire, Laure Adler commence sa carrière à France Culture en 1974, avant de devenir en 1992, directrice des documentaires et des émissions culturelles sur France 2. De 1999 à 2005, elle dirige France Culture. Elle anime aujourd’hui des émissions télévisées sur France Ô et radiophoniques sur France Culture et France Inter.

Son parcours la conduit également dans le milieu de l’édition. Écrivaine, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages historiques : Les Premières Journalistes (Payot), Les Femmes politiques (Seuil), Sur les pas d’Hannah Arendt (Gallimard) et d’une biographie de Marguerite Duras (Gallimard) pour laquelle elle a reçu le Prix Femina de l’essai.

 Jackie Berroyer – comédien, auteur, musicien et journaliste
Scénariste, acteur, auteur et dialoguiste, Jackie Berroyer est né en 1946 à Reims. Il se fait connaître dès 1975 comme critique de rock à Charlie-Hebdo et collabore ensuite à Hara Kiri, Libération, Rock & Folk et Actuel. En 1992, il écrit La femme de Berroyer est plus belle que toi, connasse, roman qui sera adapté au cinéma sous le titre Tempête dans un verre d’eau.
À partir des années 1980, il travaille pour le cinéma notamment avec Patrick Bouchitey, Patrick Grandperret ou Jean-François Stévenin.
En 2006, il écrit et joue un one-man-show humoristique et musical intitulé Ma vie de jolie fille. Et il contribue aussi régulièrement dans l’hebdomadaire satirique Siné hebdo créé par le dessinateur Siné.

Julien Gester – musicien, journaliste et critique de cinéma

Musicien, journaliste et critique de cinéma, Julien Gester a travaillé pendant plusieurs années aux Inrockuptibles et dirige aujourd’hui les pages Culture du magazine féminin Grazia. Il réalise régulièrement des cycles et programmations de films, notamment autour du

cinéma japonais et de la nouvelle comédie hollywoodienne. Il a également coordonné un guide du cinéma américain, collaboré à Trafic, et pris part à plusieurs ouvrages collectifs, notamment une monographie de Nagisa Oshima et un livre d’entretiens avec Masaya Nakahara.

Il compose en outre de la musique pour le cinéma au sein du duo Contingence (dernière bande-originale de film : Le Bel âge de Laurent Perreau).

Marie Pascaud – Responsable de la distribution chez Zootrope Films
Après une formation audiovisuelle et la réalisation du court métrage Le Son de mes pas sur le parquet, Marie Pascaud est engagée à Gemini Films où Paulo Branco lui propose un poste au sein de sa structure de distribution. Elle participe aux sorties des films Klimt de Raoul Ruiz, Dans Paris de Christophe Honoré, Très bien merci d’Emmanuelle Cuau… En 2007, elle rejoint l’équipe de Sophie Dulac Distribution pour prendre en charge la programmation des films La Visite de la fanfare de Eran Kolirin, La Question Humaine de Nicolas Klotz, Capitaine Achab de Philippe Ramos ou encore la réédition en salles de Lola Montès de Max Ophuls.
En juillet 2009, elle rejoint la société Zootrope Films pour s’occuper de la sortie en salles des films comme La pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel ou prochainement Police, adjectif de Corneliu Porumboiu.
 
Olivier Pont – dessinateur et réalisateur
Olivier Pont, né à Blanc Mesnil en 1969, passe ses 18 premières années dans le Sud. Son bac en poche, il remonte à Paris pour obtenir un diplôme d’animateur au CFT Gobelins. Il travaille ensuite au studio « Amblimation » basé à Londres et collabore à deux longs métrages produits par Steven Spielberg. De retour à Paris, il réalise 8 albums de bandes dessinées, dont le très remarqué « Où le regard ne porte pas », coécrit avec son ami d’enfance Georges Abolin. Irrésistiblement attiré par le 7ème art, il se lance en 2004 dans l’écriture et la réalisation de courts métrages. Avec sa compagne Elizabeth Marre, ils signent La Petite Flamme (2005) et Manon sur le bitume (2007), nommé aux Oscars 2009.
Sabrina Seyvecou – comédienne
Actrice française formée aux Ateliers du Studio Pygmalion et aux Ateliers du Sudden, Sabrina Seyvecou joue adolescente dans plusieurs téléfilms.
En 2002, elle obtient son premier rôle au cinéma dans le film Choses secrètes de Jean-Claude Brisseau. Parallèlement à des études de lettres, elle continue à jouer pour la télévision avant de tourner dans Crustacés et coquillages, la comédie réalisée par Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Elle les retrouve en 2008 pour Nés en 68 et en 2009 pour L’Arbre et la Forêt.
Elle a également participé au projet multimédia de Bertrand Bonello : My New Picture dont elle tient le rôle principal. En 2009, elle tourne dans Hors la Loi de Rachid Bouchareb.

Compétition Documentaire

Corinne Bopp, Déléguée générale des Rencontres du cinéma documentaire, Franc
Née en 1962, Corinne Bopp est diplômée de la Fémis, département production en 1992. Assistante de réalisation et de production de Jean-Daniel Pollet sur son film Dieu c’est quoi (1993). Elle travaille ensuite comme directrice de production principalement sur des fictions et des documentaires. Elle est successivement productrice et directrice de production aux Films du Village, à Paris Première et chargée des programmes à l’Unité documentaire à Arte à Strasbourg. Adjointe de Marie-Pierre Duhamel-Muller pour les 27ème et 28ème éditions du Cinéma du Réel, Corinne Bopp est depuis mai 2006 Déléguée générale des Rencontres du cinéma documentaire, organisée par l’Association Périphérie.
Annick Peigné-Giuly, Présidente de Documentaire sur Grand Ecran, Déléguée Générale de CorsicaDoc
Journaliste-rédactrice à Libération, de 1983 à 2006, alternativement dans les services culture, télévision et médias, Annick Peigne-Giuly est présidente de Documentaire sur Grand Ecran depuis janvier 2007. Elle a créé le premier festival du film documentaire en Corse, sa région d’origine, en 2006, Corsica.Doc, à Ajaccio. Elle est aussi conseillère pour la sélection « documentaire » du Fipa (Festival international des programmes audiovisuels de Biarritz).
Elisa Rabelo, Journaliste, correspondante de guerre, Cuba/France
Française d’origine cubaine. Licenciée d’Histoire de l’art à l’Université de La Havane. Après ses études elle a travaillé pendant 8 ans aux Services Cinématographiques des Forces Armées à Cuba (Fílmica del Minfar) et a participé comme correspondante de guerre à différents conflits au Nicaragua, en Angola, Ethiopie. En 1991 elle quitte la Fílmica et rejoint l’ICAIC (Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographique) où elle participe à de nombreuses productions nationales et internationales jusqu’en 1998 où elle décide de s’établir en France. Depuis elle coordonne les co-productions entre son pays natal et son pays d’adoption.
Catherine Ruelle, Journaliste et critique de cinéma RFI, France
Journaliste politique, critique de cinéma et productrice à Radio France Internationale. Spécialisée dans les cinémas du Monde, produit des émissions hebdomadaires, consacrées à l’Actualité du cinéma et aux grands auteurs du Monde, à travers l’Actualité hebdomadaire des sorties de salles en France, et les festivals de cinéma à travers le monde. Parallèlement à ses fonctions de critique et à la publication d’ouvrages et d’articles, met en place des manifestations cinématographiques, festivals et ciné-clubs permanents.
Abderrahmane Ahmed Salem, Directeur de la Maison des Cinéastes, Mauritanie
Né le 27 juillet 1971 en Mauritanie, Abderrahmane A.Salem a exercé la comédie en 1985 à travers la fédération Nationale du Théâtre Amateurs.Il rejoint la télévision National comme animateur de l’émission satirique « Chi Ilouh Evchi ». Il est le fondateur du journal saturique Echtary. A son retour de l’école du cinéma EICAR de Paris en 2002, il fonde en Mauritanie la maison des cinéastes, un établissement culturel visant la promotion de la culture cinématographique à travers la diffusion et la formation.

Trans-Europe-Afrique

Le programme

« En 1998, le Festival de Films de Femmes de Créteil proposait en première mondiale, une rétrospective centrée autour des films des réalisatrices et actrices d’Afrique ; une constellation placée sous l’aile protectrice de la sénégalaise Safi Faye, première documentariste du continent. Douze ans plus tard, c’est à un autre voyage inédit que nous convie le Festival avec Trans-Europe-Afrique. Un voyage d’autant plus judicieux et nécessaire que le cinéma des femmes ne connaît pas les frontières et que les films se répondent et se complètent, d’un continent à l’autre ! La programmation, riche de près de 80 films, met délibérément l’accent sur les nouvelles réalisatrices, sans oublier pour autant le travail des réalisatrices confirmées.(…) » Avant-propos de Catherine Ruelle

LANCEMENT DE LA SECTION TRANS-EUROPE-AFRIQUE

Samedi 3 avril à 21h, à la Maison des arts de Créteil en grande salle :

Soirée hommage à Safi Faye, première réalisatrice africaine

Le Festival rend hommage à la réalisatrice et ethnologue sénégalaise, Safi Faye, avec la projection de son film, Lettre paysanne, en version restaurée et sous-titrée avec la Cinémathèque Afrique de Culturesfrance.

En présence de Safi Faye et des réalisatrices africaines

Née en 1943 à Dakar, Safi Faye décide, après une rencontre marquante avec Jean Rouch en 1966, de venir étudier le cinéma à Paris. En même temps, pour mieux connaître l’Afrique, elle suit des cours d’ethnologie et d’anthropologie à la Sorbonne. En 1972, elle réalise La Passante et devient la première réalisatrice Africaine. Elle tourne ensuite trois longs métrages : Lettre Paysanne (1975), Fad’Jal (1979) et Mossane (1990/96) ainsi que de nombreux documentaires pour des programmes internationaux de télévision. Le Festival de Créteil a présenté une rétrospective de son oeuvre en 1998

Lettre Paysanne- Kaddu Beykat- de Safi Faye

1975, fiction, 1h35, France

Rien n’a bougé depuis des siècles dans ce petit village du Sénégal. Et cette année encore, la récolte est mauvaise. Un jeune homme, Ngor, las de supporter cet état des choses, et trop pauvre pour se marier avec Coumba, va tenter sa chance à la ville. Il y acquiert une modeste aisance qui lui permet de revenir en vainqueur au village… S’appuyant sur une situation réelle, la réalisatrice réussit à faire passer dans son film l’inquiétude de la paysannerie africaine en même temps que son éveil à la conscience politique.

Longs-métrages

Fighting The Silence
Retorno A Hansala
L’enfant Endormi
Du Sable Au Goudron
Le Voyage De Nadia
Lettre Paysanne (Kaddu Beykat)
Poussières De Femmes
Satin Rouge
Ouled Lenine
L’autre 8 Mai 1945…

Courts-métrages

La Résidence Ylang Ylang
Sénégalaises Et Islam
After Years Of Walking
Le Cri De La…
Didi Et Gigi
Nora
Straight Stories – Part…
Chaîne Alimentaire
Tire Langue
Nouba

Rencontre

Mardi 6 avril, 18 h – MAC Piscine

Un cinéma qui participe aux bouleversements du monde

Aujourd’hui, le cinéma africain des femmes, à l’égal de leur confrère réalisateurs, se caractérise par une grande diversité des sujets traités. La transcendance du quotidien de ces femmes « visibles » ou « invisibles » se manifeste par des œuvres de créations fortes et originales pleines d’humour et de poésie.
12 ans après l’accueil des réalisatrices Africaines à Créteil (en 1998), le Festival renoue avec les réalisatrices confirmées et soutient les nouveaux talents pour un voyage Trans-Europe-Afrique à travers 25 pays du continent, 40 réalisatrices présentes.
Les pays représentés sont
l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, la Cameroun, le Cap Vert, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, le Gabon, la Guinée, le Kenya, le Libéria, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Maroc, la Mauritanie, le Mozambique, le Nigeria, le Niger, l’Ouganda, le Rwanda, le Sénégal, le Soudan, le Togo, la Tunisie et le Zimbabwe.
Introduction:
Frieda Ekotto, professeure de théorie du cinéma à l’Université du Michigan, Etats-Unis et critique cinéma.
Avec les réalisatrices invitées :
  • Christa GRAF – Memory books
  • Jane GILLOOLY – Today the Hawk Takes One Chick
  • Anne Martine NIELSEN – Too damn late
  • Ingrid SINCLAIR – Riches – Africa is a woman’s name
  • Fanta Regina NACRO – La nuit de la vérité
  • Imelda  O’REILLY – Bricks, Beds and Sheep’s Heads
  • Moira TIERNEY – Nouakchott Rocks
  • Siatta SCOTT JOHNSON – Irons Ladies of Liberia

Évènements

Autoportrait

Aíssa Maíga et Sotigui Kouyaté

Habituellement dédié à une actrice, l’autoportrait sera partagé pour la première fois avec un acteur, pour un regard croisé de deux personnalités de talent. Aïssa Maïga et Sotigui Kouyaté seront les invités d’honneur de cette 32ème édition.

Aïssa Maïga et Sotigui Kouyaté sont invités à créer un espace de dialogue filmique à partir d’œuvres de leurs filmographies respectives.

Coup d’envoi de la programmation le dimanche 4 avril en présence des acteurs

à 16h30, Sia, le rêve du python de Dani KOUYATE avec Sotigui Kouyaté

à 21h, Quand la ville mord de Dominique CABRERA avec Aïssa Maïga précédé du court-métrage Place des Fêtes d’Olivier Schmitz issu du film Paris, je t’aime

Aïssa Maïga

Quand on rencontre Aïssa Maïga pour la première fois, on est tout de suite saisi par son énergie, sa présence lumineuse, sa beauté naturelle et son intelligence rapide comme un instantané photographique. Il faut donc adapter sa vitesse de communication à celle du funambule qui se déplace en silence d’une rive à l’autre de la Méditerranée sans porter l’empreinte d’une seule civilisation mais bien celle d’un métissage en voie de mondialisation. C’est tout le charme de cette rencontre avec une actrice jeune et vigilante, gourmande et subtile.

Sotigui Kouyaté

Le comédien burkinabé Sotigui Kouyaté, acteur au cinéma et au théâtre dans de nombreuses pièces de Peter Brook, est décédé à l’âge de 74 ans le samedi 17 avril 2010. Le Festival lui avait consacré un autoportrait le 4 avril dernier.

Il nous avait dit : « Vous avez choisi notre porte, cette porte est grandement ouverte, elle vous attend. C’est un honneur et toujours un plaisir que les gens s’intéressent à vous. C’est toujours mieux que le contraire. »

Les films

pour Sotigui Kouyaté :

Little Senegal de Rachid BOUCHAREB

Samedi 10 avril 19h – La Lucarne

Sotigui Kouyaté, un griot moderne de Mahamat-Saleh HAROUN

Dimanche 11 avril 19h MAC – Petite Salle

Le Mahabarata de Peter BROOK

Dimanche 11 avril 18h30 – La Lucarne

pour Aîssa Maïga:

Bamako d’Abderrahmane SISSAKO

Samedi 03 avril 21h – La Lucarne

Mercredi 07 avril 18h30 – La Lucarne

Sexe, gombo et beurre salé de Mahamat-Saleh HAROUN

Mercredi 07 avril 15h MAC- Grande salle

Jonas et Lila à demain d Alain TANNER

Jeudi 08 avril 16h30 – La Lucarne

Dimanche 11 avril 21h30 – La Lucarne

Saraka Bô de Denis AMAR

Mercredi 07 avril 21h – La Lucarne

Vendredi 09 avril 14h30 – La Lucarne

 

40 ans du MLF

Soirée les 40 ans du MLF : Nuit blanche à partir de 19h jusqu’au bout de la nuit, à la Maison des Arts de Créteil

précédée d’un forum à 18h dans l’espace piscine.

Retour sur les années qui ont précédé cette révolution. En collaboration avec l’association 40 ans de Mouvement de Libération des Femmes.

Introduction de Michelle Perrot, historienne et féministe française.
Etat des lieux de la condition des femmes, 40 ans après la création du Mouvement.Cette année, en écho à l’anniversaire d’un geste devenu historique, le Festival affirme son héritage et collabore aux côtés du collectif « 40 ans de Mouvement de Libération des Femmes » aux différents événements fêtant cette date symbolique.

1ère partie du programme de 19h à 21h :

  • Making More Noise de Bryony Dixon, archives de 1899 à 1917 sur les suffragettes1899 – 1917, 65mn, ROYAUME-UNI

    Compilation incontournable de films d’époque sur les suffragettes et autres rebelles. Le British Film Institute propose une série d’actualités et de comédies d’époque. Une occasion unique de voir l’histoire des femmes en marche.

  • Eût-elle été criminelle de Jean-Gabriel Périot, une interrogation sur les femmes tondues  à la Libération2006, documentaire expérimental, 10mn, FRANCE

    France, été 1944. Les femmes accusées d’avoir entretenu des relations avec des soldats allemands durant la guerre sont publiquement châtiées.

    Par un travail de montage et de recadrage d’images d’archives, Jean-Gabriel Périot propose une relecture personnelle d’un événement historique à la violence inouïe. Déroulées au son de la Marseillaise, ces images impriment en nous tristesse et révolte. Essai précis et tendu comme un fil, ce film sans didactisme nous rappelle donc de façon radicale que la barbarie de la guerre n’est pas que le fait du vaincu. Affrontant l’histoire en face plus de soixante ans après les faits, Eût-elle été criminelle… sonne terriblement juste et se montre plus que nécessaire..

  • Coup de feu de Magali Clément1983, fiction, 15mn, FRANCE

    En même temps qu’une salle de restaurant va se remplir de monde, une dispute amoureuse, entre le chef cuisinier et une serveuse, va se jouer en cuisine jusqu’à atteindre son paroxysme.

2ème partie du programme de 21h à 23h30

  •  La leçon de cinéma de Carole Roussopoulos par Jackie Buet2009, DVD, 12mn, FRANCE

    Le principe de la leçon de cinéma est de proposer à chaque réalisatrice un moment de confidence et de connivence sur sa biographie, son itinéraire professionnel, ses secrets de fabrication, sa filmographie et son style. Chacune répond à sa manière donnant à la question sur l’existence d’un cinéma de femmes une réponse radicale : il existe autant de styles que de personnalités.

  • S.C.U.M Manifesto de Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig1976, essai, 27mn, FRANCE

    Lecture mise en scène d’extraits de « S.C.U.M. Manifesto » (Society for Cutting Up Men), manifeste de Valérie Solanas, édité en 1967 et alors épuisé en français. Delphine Seyrig en traduit quelques passages à Carole Roussopoulos qui les tape à la machine. En arrière plan, un téléviseur diffuse en direct des images du journal télévisé dont on entend par moments les nouvelles apocalyptiques. Comme le livre, le film est un pamphlet contre la société dominée par l’image « mâle » et l’action « virile ». Une vidéo devenue référence incontournable par son inventivité, son humour et son irrévérence : « Il y a un moment où il faut sortir les couteaux. C’est juste un fait. Purement technique. […] Le couteau est la seule façon de se définir comme opprimé. La seule communication audible », écrivait Christiane Rochefort dans sa préface à l’édition française.

     

  • Archives de l’Ina, La condition des femmes au quotidien avant les années 70-Journal national : Carte de tabac pour les femmes, 1945, 53s, Ina (Les Actualités Françaises)

    En décembre 1945, quelques mois après avoir obtenu le droit de vote, les femmes, âgées de plus de 21 ans, eurent droit à la carte de rationnement de tabac. Ce qui a permis de distribuer du tabac à 13 millions de femmes, soit un nombre égal à celui des hommes de plus de 18 ans.

    -Cinq colonnes à la une

    L’Expérience de Grenoble (planning familial), 1961, 15min, Ina (RTF)

    Reportage dans le premier centre du Mouvement Français pour le Planning Familial. Situé à Grenoble, ce centre a ouvert ses portes en toute illégalité.

     

3ème partie du programme à partir de minuit à 1h45

  • Daddy de Peter Whitehead, un film visionnaire avec Niki de Saint-Phalle1973, fiction, 1h15, ROYAUME-UNI

    Les phantasmes d’une jeune fille qui, à cause de son père, a pour les hommes une haine féroce.

    Pour son film Daddy, Whitehead a utilisé la caricature.  Niki de Saint Phalle y tient le premier rôle en pastichant Lili Marlène. Le personnage du père-colonel incarne le pouvoir (et sa parodie) tandis que son uniforme militaire est toujours caricaturé. Niki est de même en portant les vêtements sortis des bandes-dessinées.

 

À la frontière des genres

à la frontière des genres

JEUDI 8 AVRIL À 21H

Une programmation consacrée aux artistes femmes qui se sont illustrées dans toutes les disciplines artistiques : la peinture, la sculpture, l’architecture, l’art décoratif.

  • Archives Ina (100’) : avec Niki de Saint-Phalle, Sonia Delaunay, Orlan …
  • Rencontre et débat avec l’artiste média Régine Cirotteau
Artiste plasticienne et réalisatrice, Régine Cirotteau investit depuis les années 90, les arts visuels, établissant des passerelles entre photographie, vidéo, cinéma, nouvelles technologies. Elle s’intéresse particulièrement au transfert des supports de l’image, à la notion de cycle, aux points de bascule entre l’installation et la création virtuelle. Cette trilogie filmique se présente sous la forme d’un hublot qui ouvre sur des mondes inconnus en jouant sur le merveilleux scientifique du XIXe siècle revisité par des transformations d’images colorées à la manière du kaléidoscope de l’enfance.- Pathfinder, vidéo actualité (1mn, 1999)

Let There Be Light, (5mn, 2005)

Too Many Secrets (1mn56, 2007)

Le Laboratoire des fluides (8mn30,2005)

  • Rencontre et débat avec l’artiste Halida Boughriet

Née en 1980, Halida Boughriet vit et travaille à Paris. Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle est l’auteur d’oeuvres diversifiées, de la performance à la photographie, sculpture et vidéo. À chacune de ses pièces, elle met sous les projecteurs des individus laissés pour compte.

Autoportrait (6 mn, 2006)

La Boïte à musique (5 mn, 2009)

20 ans d'Act Up-Paris

MERCREDI 7 AVRIL DE 18H30 À MINUIT
Avec ARTE Actions culturelles, Act-Up Paris et le soutien du Centre National de la Cinématographie
« Act Up-Paris est une association de lutte contre le sida. Issue de la communauté homosexuelle, elle rassemble des personnes séropositives, des militantes concernées par la maladie, des hommes, des femmes, trans’, lesbienne, gai, bi, hétéro, pour qui le sida n’est pas une fatalité. Vaincre le sida n’est pas du seul ressort de la médecine : cela dépend avant tout de la volonté de celles et ceux qui font, en France et dans le monde, les politiques de santé. »
18h30

« Nous sommes au  regret de vous annoncer les 20 ans d’Act Up-Paris » Stéphane Vambre, président d’Act Up-Paris

Act Up est une association de lutte contre le sida. Issue de la communauté homosexuelle, elle rassemble des personnes séropositives, des militantEs concernéEs par la maladie, des hommes, des femmes, trans’, lesbienne, gai, bi, hétéro, pour qui le sida n’est pas une fatalité.

21h
_ Action – militante de Valérie Mréjen
Documentaire avec Sarah de haro et Catherine Kapustapalmer
Valérie Mréjen, s’est intéressée aux femmes, souvent séronégatives, qui militent ou ont milité à Act Up. Elle les a rencontrées, a recueilli leurs témoignages, des récits denses et concis.
_ Comment dire de Rachida Krim
Fiction avec Juliette Jouvin
Nina se réfugie dans la danse et ne peut parler de son secret à celui qu’elle aime. Nina choisit d’écrire, et c’est cette lettre qu’elle lit tandis qu’on la voit s’entraîner à la barre.

_ Corps de dame de Karin Albou

Fiction avec Isabelle Caro et Karin Albou
Lors d’une consultation médicale, une jeune femme malade se confie à son médecin. Elle évoque sa peur de rencontrer quelqu’un, sa difficulté à accepter sa nouvelle apparence physique et à la confronter au regard de l’autre. Un moment d’intimité entre une patiente et son médecin, un dialogue autour du corps…

_ La Poudre d’escampette de Catherine Corsini
Fiction avec Judith Henry et Eric Caravaca
Denyse est séropositive. Denyse pensait qu’elle n’arriverait plus jamais à faire l’amour, que seuls de preux chevaliers pourraient encore l’aimer. Ceux qui n’avaient peur de rien ; pas sûr que Gianni soit l’un d’eux…

_ Christine de Solveig Anspach
Documentaire avec Christine Aubère
Christine a été contaminée à l’age de 18 ans, lors de son premier rapport sexuel. Elle était promise à une belle carrière de footballeuse… Aujourd’hui, le foot fait toujours partie de sa vie et la lutte contre le sida est son cheval de bataille.

_ Fruits de mer de Brigitte Sy
Documentaire avec Catherine Kapusta-Palmer et Brigitte SY
Catherine et Brigitte ont un point commun, l’amour des fruits de mer… Catherine est séropositive depuis 1987, contaminée par son ancien compagnon ex-toxicomane. Avant elle travaillait dans la mode. Depuis l’annonce de sa séropositivité, elle a changé de vie. Brigitte est comédienne et réalisatrice. Séropositive depuis 1990, contaminée aussi par son compagnon, ex-toxicomane.

_ Juliette de Sylvie Ballyot
Fiction avec Valérie Donzelli et Julien Baumgartner
Juliette est séropositive, contaminée par son ex-petit-ami. Elle pensait que « ça n’arrivait qu’aux autres ». Après l’annonce de sa séropositivité, un ami lui a demandé ce qu’elle voulait comme cadeau pour Noël. Elle lui a répondu « faire l’amour»…
_ Lulô Kanda de Lola Frederich
Fiction avec Bass Dhem, Sarah Ngo Ntat
Un homme d’origine africaine, la cinquantaine, raconte comme si c’était sa propre histoire, le parcours d’une femme séropositive. Sa voix est claire et posée. Parfois, il se trouble, laissant place au silence lorsque l’émotion est trop grande.
_ Mélo, 14 ans de Christine Dory
Documentaire avec Mélody Mohamedi
Dans les ruines désertées de son enfance, Mélo, 14 ans, séropositive depuis sa naissance, dit le drame du silence : comment son père n’a pas prévenu sa mère et comment sa mère à son tour… Un crime qu’elle ne juge pas…
_ Pascale B de Sandrine Veysset
Documentaire avec Pascale Berlandier
Pascale B, 46 ans, séropositive depuis 1985, raconte, face caméra, comment, insidieusement elle a perdu son travail.
22H
Mémory books de Christa Graf
2007, documentaire, 1h30, ALLEMAGNE
L’Ouganda s’est avéré être le pays qui a le mieux réussi à combattre le sida en Afrique, mais c’est aussi là que se trouve la plupart des orphelins du sida dans le monde, actuellement estimés à deux millions. Un projet très spécial a été créé: les parents écrivent ces livres souvenir contenant l’histoire de leurs familles. Les enfants se préparent ainsi doucement à la mort de leurs parents.En présence de la réalisatrice

 

Liberté de la presse

Lundi 5 avril à 19h, à La Maison des Arts de Créteil en Petite salle 

Soirée Liberté de la presse

En ouverture du prix Anna Politkovskaïa, au meilleur documentaire 2010, présentation du jury et  participation d’Ambroise Pierre de Reporters Sans Frontières

Riches d’Ingrid Sinclair

2001, fiction, 28mn, ZIMBABWE

Molly, une enseignante métisse, fuit l’Afrique du Sud de l’apartheid avec son fils Peter, pour se réfugier dans un village reculé du Zimbabwe. Mais le village est non seulement isolé, il est très hostile aux étrangers. Son affrontement avec le proviseur hypocrite de l’école du village lui fait perdre son emploi, mais un geste d’amitié lui donne la force de riposter. « En Afrique les gens vous regardent directement et profondément dans vos yeux pour voir si vous êtes un ami ou un ennemi. C’est tout ce qui compte. » Ingrid Sinclair

Résistants du 9ème art de Nicoletta Fagiolo

2008, documentaire, 52mn, FRANCE

Dans un monde où les armes nucléaires et les guerres inondent les titres de
la presse, un petit groupe d¹artistes luttent de manière non-violente contre
les injustices. Ils sont non-violents dans leur façon de faire, mais pas
pour autant inefficaces. Les caricaturistes du continent africain démontrent
tous les jours qu¹ils peuvent changer leur monde avec leurs crayons. Sur un
continent où près de 60°/° de la population sont analphabètes, les
caricatures et les caricaturistes sont devenus les nouveaux militants pour
la liberté, l¹égalité et le progrès.

De Zapiro, un des caricaturistes les plus populaires d’Afrique du Sud, à Willyzekid, artiste de bandes dessinées et survivant des tensions ethniques en Côte d’Ivoire, le film présente plusieurs artistes à travers leurs pays.

 

Autres rencontres

3e rencontre du Réseau des festivals de femmes

WFFN (Women’s Film Festival Network)
 
Vendredi 9 avril, 10h00
Maison des Arts de Créteil, lieu dit le bateau lavoire
Le Réseau des festivals de femmes WFFN, réunissant de nombreux festivals d’Europe et du monde, a été fondé à Créteil en 2008 après la disparition de la coordination européenne des festivals.Le réseau se propose d’échanger de programmes de films, de bonnes pratiques et de solutions communes et de fédérer les projets de chaque festival en leur donnant une dimension de diffusion européenne et mondiale.

L’objectif de cette 3e rencontre est de rendre encore plus visible et fort le réseau WFFN et de montrer le travail collectif de collaboration entre nos différents festivals.
Seront présentes :
  • Sophie Lin – Women Make Waves – Taipei, Taiwan
  • Marie Vermeiren – Elles Tournent – Bruxelles, Belgique
  • Irene Jung – Terre des Femmes/Women’s Worlds – Tubingen, Allemagne
  • Pilar Koller-Da Rocha et Camila Koller – Corto Helvetico al Femminile – Losone, Suisse
  • Sylvie Najosky – Festival Gay et Lesbien Face à Face – Saint-Etienne, France

Le féminisme en Turquie

Connaissance réciproque et construction d’une collaboration : le féminisme en Turquie et en France

Samedi 3 avril, 14h00

Cette table ronde abordera les spécificités du féminisme turc, son historique, ses grands moments et sa réception par les institutions politiques.

Introduction

  • Hülya UÄŸur Tanrıöver (militante féministe et professeure d’études cinématographiques, Université Galatasaray, Istanbul)
  • Ghaïss Jasser, présidente du Festival de Films de Femmes de Créteil et militante féministe

avec

  • Stella Ovadia (militante féministe turque)
  • Sirin Tekeli (militante féministe et essayiste turque)

Forum 20 ans d’Act Up-Paris

Mercredi 7 avril, 18h30MAC Piscine

En partenariat avec ARTE actions culturelles

Avec le soutien du Centre National de la Cinématographie

Vaincre le sida n’est pas du seul ressort de la médecine : cela dépend avant tout de la volonté de celles et ceux qui font, en France et dans le monde, les politiques de santé.

Act Up-Paris est une association de lutte contre le sida. Issue de la communauté homosexuelle elle rassemble des personnes séropositives, des militantes concernées par la maladie, des hommes, des femmes, trans’, lesbienne, gai, bi, hétéro, pour qui le sida n’est pas une fatalité.

En Afrique : Environ 11 millions d’Africains sont morts du SIDA, ce qui fait en moyenne 2 millions par an ou 6 000 personnes par jour. L’infection se propage à un taux alarmant touchant par jour 10 000 personnes âgés de 15 à 49 ans, principalement des femmes et 2000 enfants de moins de 15 ans, surtout des filles.

Introduction de Stéphane Vambre, président d’Act Up-Paris

Intervenants

François SAUVAGNARGUES, Directeur de l’Unité Fictions, ARTE France

Elisabeth Perez, de CHAZ Prod, productrice silence=mortes

Réalisatrices

Brigitte Sy (Fruits de mer)

Catherine Corsini (La poudre d’escampette)

Christine Dory (Mélo, 14 ans)

Jane Gilloly (Today the Hawk Takes One Chick)

Christa Graf (Memory Books)

Clap sur l’Afrique

LUNDI 5 AVRIL à 16h30 en Petite salle

Le voyage du fauteuil de Marion Stalens2010, fiction, 7mn, FRANCE

Tandis qu’une file d’attente interminable de spectateurs patiente devant le guichet d’entrée, le fauteuil emprunte toutes sortes de moyens de transport pour sillonner les rues de la capitale du Mali et rejoindre le cinéma. Tout est bon :  pirogue, voiture, minibus, charrette, dos d’hommes… Une fois le fauteuil arrivé, la première spectatrice entre enfin dans la salle et découvre une surprise…

Mozambique, journal d’une indépendance -Kuxa Kanema- de Margarida Cardoso2003, documentaire, 52mn, PORTUGAL / FRANCE / BELGIQUE

Au lendemain de l’indépendance du Mozambique en 1975, le président Samora a créé un Institut du cinéma (INC) chargé de construire l’image de la jeune république. Mais l’Institut a été partiellement détruit par un incendie en 1991 et les documents visuels – témoins des années de la révolution socialiste – étaient en train de pourrir sur place. Margarida Cardoso a décidé de s’en emparer.

  • à 18h00 Forum à l’espace Piscine de la MAC avec :
 Bénédicte Dumeige de l’association Des Cinémas pour l’Afrique
 Abderrahmane Ahmed Salem, Directeur de la Maison des Cinéastes en Mauritanie
Marion Stalens, réalisatrice du film Le voyage du fauteuil Sophie Marzec, chargée de la distribution à Africadoc

Frieda Ekotto, professeure de théorie du cinéma à l’Université de Michigan, Etats-Unis, et critique cinéma
 Catherine Ruelle, journaliste et critique de cinéma à RFI
 
La difficile survie du cinéma africain En décembre 2008, nous pouvions lire : « Dans les cinquante sept pays qui composent ce continent qui rassemble la deuxième population au monde, on trouve moins de salles et de films produits tous pays réunis, qu’en France. (…) Ainsi, si l’on considère simplement les poids lourds africains que sont l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Egypte, on observe des différences colossales avec les Etats d’Afrique subsaharienne ou avec ceux d’Afrique noire. En termes de productions locales, de moyens mis à disposition ou simplement de filières, les écarts sont abyssaux. Par exemple, si l’Egypte parvenait à produire l’an passé 40 films et les projetait dans son parc de 231 salles, le Maroc pour sa part ne réussissait à en produire que 15 pour un parc estimé à 88 salles. Mais ces données n’ont de sens que si on les compare au Rwanda, à La Sierra Leone ou au Libéria où la production locale voisine le zéro et où le nombre de salles au sens strict n’excède pas davantage. Autre exemple remarquable, l’Afrique du Sud, pays le plus avancé du continent, offre certes 780 salles mais ne parvient localement à ne produire que dix films nationaux, soit 2% de l’ensemble des films à l’affiche sur toute une année. Comparativement à la France où le nombre d’écrans pour la même année se porte à plus de 5300 pour un nombre de films produits supérieur à 160 (…). Le cinéma africain produit dramatiquement peu et lorsque certains de ses pays les plus avancés peuvent l’accueillir ou le subventionner, ils sont systématiquement concurrencés par des cinématographies étrangères et principalement américaine. (…) Il n’y a pas assez de salles et de réseaux de distribution pouvant acheminer et faire projeter des films. Avec en corollaire de cela, une distinction forte entre le cinéma des villes, accaparé souvent par des films étrangers et le cinéma des espaces ruraux – la majorité du continent – où les films sont dépendants et tributaires de projectionnistes itinérants. En effet, l’absence ou la petitesse des structures de distribution africaine pèsent énormément sur le développement du cinéma local. Enfin, à cela, s’ajoute un manque patent d’écoles précieux pour former les réalisateurs, les acteurs et les techniciens et une pénurie de studios dignes de ce nom en dehors du Maroc, de l’Egypte et de l’Afrique du Sud. Mais ce qui s’avère être le souci le plus important du cinéma africain, c’est son absence handicapante de structures de financement et d’aides. (…) Et dans ce triste constat, un autre vide se fait ressentir, l’absence de festivals africains ou de manifestations qui poussent véritablement les films produits et tournés sur le continent. »1.
Moins de deux ans après, en mars 2010, où en est la situation du cinéma africain ? « Paradoxe : alors que la production cinématographique africaine, du nord au sud, de l’est à l’ouest, reste soutenue, que des écoles de cinéma fleurissent sur tous les continents, les salles de projection, elles, disparaissent comme peau de chagrin. « Les salles dédiées au cinéma, en tout cas, dans la forme que nous connaissons en Europe », précise Marion Tessier. Maigre nuance, admet la coordinatrice du festival Plein Sud. La production africaine trouve souvent en Europe une première reconnaissance. « Les projections dans les festivals européens sont souvent un tremplin pour que les films rencontrent leur public dans leur pays d’origine », constate Marc Sauvaget, cheville ouvrière de Ciné Sud (…). A l’instar de la filière cinématographique à l’échelle mondiale, les films africains souffrent d’un mal moderne, le piratage, qui s’ajoute aux difficultés, souvent, à réunir les budgets nécessaires à la production et à la diffusion des films.     « D’ailleurs, souvent, les réalisateurs sont en même temps producteurs et diffuseurs. Mais un phénomène se développe, la production de films tournés avec 1 000 à 2 000 dollars [de 760 à 1 500 euros], des budgets très restreints, surtout pour des longs-métrages. Ces films sortent en DVD à des dizaines de milliers d’exemplaires et diffusés auprès du public uniquement par ce biais. Ils contrent le piratage en écoulant l’essentiel des DVD dans les quinze jours qui suivent la sortie », explique Marion Tessier. Le phénomène est notamment très marqué au Nigéria »2.
Des cinémas pour l’Afrique
L’association Des cinémas pour l’Afrique, lancée à l’occasion du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 2009, à l’initiative du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako (En attendant le bonheur, La vie sur terre, Bamako), a pour mission de soutenir la rénovation des salles de cinéma du continent en les dotant de la technologie numérique permettant ainsi de palier les problèmes actuels de la distribution des films conduisant à la fermeture inexorable des salles de cinéma du continent.
À l’occasion du Festival de Cannes 2009, l’association Des Cinémas pour l’Afrique, a lancé une campagne de souscription auprès de donateurs publics et privés en mettant en vente symboliquement à un prix forfaitaire des fauteuils de cinéma. A cette occasion, la comédienne Juliette Binoche a rejoint l’action de l’association en devenant sa vice-présidente. La première collecte de fonds contribuera à la rénovation du Soudan Ciné à Bamako (Mali), projet pilote de l’association qui doit réimpulser une nouvelle dynamique. Pour cela les 420 fauteuils de ce cinéma devront être vendus.
 
L’exemple du Far
« Des professionnels de la distribution et de la diffusion cinématographique du Sénégal, du Mali et du Burkina-Faso ont décidé de mettre sur pied un réseau pour booster le cinéma africain »3. Il s’agit du Far, Films Afrique Réseau. « En effet, ce réseau qui existe depuis quelques mois tente de se frayer un chemin dans la scène cinématographique africaine et même internationale. Il cherche à promouvoir le cinéma africain afin d’assurer la pérennité de celui-ci. «La production cinématographique africaine qui risque d’être freinée par une mauvaise distribution causée par la rareté des salles de cinéma préoccupe le Far», c’est ce qu’ont affirmé ses membres, qui expliquent par ailleurs que «c’est cette menace pesante qui a permis au trois pays (Mali, Burkina, Sénégal) de se regrouper afin de lutter plus efficacement pour le développement des productions africaines». »4
Articles cités 
1 Guégan, Jean-Baptiste, « le cinéma africain existe-t-il vraiment ? », excessif.com, 23 décembre 2008.
2 Chérel, Ronan, « Grand coup de projecteur sur les courts d’Afrique », Sudouest.com, 26 mars 2010.
3 et 4 Thiam, Coumba, et stagiaire, « Pour la pérennité du cinéma africain », Lequotidiensn – Quotidien national sénégalais, 06 mars 2010.
Pour aller plus loin :liste non exhaustive
Ouaga cinés, documentaire de Gilles Gazaux et Eglantine Chabasseur

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